14 avril 2021

MAJ(Ret) Dr. MARC DAUPHIN – MÉDECIN DE GUERRE

ATTENTION-ATTENTION CODE ORANGE SALLE D’URGENCE…

Avez-vous déjà entendu ce code dans un hôpital quelconque? Cela signifie qu’il y aura une arrivée “massive” de blessés graves survenu à la suite d’un événement et que les équipes médicales doivent se mobiliser pour recevoir et traiter les blessés.

Ce code, le Dr. Marc Dauphin doit sûrement, sous une forme différente, l’avoir entendu à maintes reprises lors de sa mission en Afghanistan en 2009 lorsqu’il fut le dernier officier commandant canadien de l’hôpital Multinationale de Rôle 3 de Kandahar.

Pendant les 6 mois de cette dernière mission, l’hôpital a vu plus de 35% du total des traumas majeurs à survenir dans toute la durée de l’implication des forces canadiennes en Afghanistan.

Notre “Histoires de vétérans traitera donc de la carrière du Dr. Marc Dauphin, major(ret) qui a consacré plus d’une trentaine d’année de sa vie au sein des forces canadiennes.

Avant de vous décrire son cheminement (exceptionnel) au sein des FAC’s, laissez-moi, tout d’abord, vous transporter dans le temps pour que vous puissiez mieux comprendre les raisons qui ont incité notre médecin à exercer sa pratique dans des conditions extrêmes et bouleversantes.

Marc avait relativement ciblé très tôt la profession qu’il entendait exercer dans la société. La médecine, comme vous le constaterez tout au long de cet article, deviendra sans contredit une passion qui lui aura permis de vivre de multiples expériences dont il garde des souvenirs impérissables. Il a accepté d’en partager quelques-uns avec nous malgré les blessures psychologiques que son travail lui a fait vivre à l’aube de sa retraite.

Après ses premiers pas en médecine, Marc cerne rapidement ses aspirations et ses ambitions dans le domaine et oriente sa pratique en tant qu’urgentologue.

“La médecine traditionnelle ne reflétait pas l’image ni l’implication que je souhaitais apporter dans ce domaine. J’étais avide de sensations et l’adrénaline que les situations d’urgence me procurait devenait un carburant dont j’avais besoin”explique Marc.

Endossé d’une panoplie de formation et cumulant expérience par-dessus expérience, il est sollicité par les forces canadiennes pour occuper des fonctions de commandement qui l’amèneront, comme nous l’avons mentionné plus haut, à commander l’hôpital de Kandahar en 2009. Il sera d’ailleurs décoré de la Médaille de Service Méritoire pour son leadership durant cette mission.

Je m’en voudrais de ne pas vous faire part de ses nombreuses nominations et décorations car un tel cheminement se doit d’être dignement reconnu et salué:

Nominations – Décorations

  • 2007: Mention honorable du Chef de la Défense Nationale;
  • 2008: Médaille de Service Méritoire remise par son Excellence le Gouverneur-Général du Canada;
  • 2012: Prix du Mérite estrien;
  • 2014: Médaille de la Gloire de l’Escolle, décerné par l’Université Laval; et
  • 2016: Le Grand prix de l’humanisme décerné par le Collège des médecins.

Autres réalisations

  • Auteur de “Plus jamais la guerre, tome I (L’Anneau), tome II (Le rendez-vous) et tome III (La Lettre);
  • Contribution à la série télévisée “Médecin de combat” dont le personnage du commandant est inspiré de lui;
  • 1998: Auteur de “L’Anneau de Gabrielle“;
  • 20??: Participation à la série télévisée “Inside Combat Rescue” produite par National Geographic;
  • 2013: Participation à 2 émissions télévisées australiennes sur le stress post-traumatique;
  • 2014: Extrait des expériences du Dr. Dauphin dans le livre “Médecin de guerre

WOW! De telles réalisations devraient encenser pareille personnage dont la vie doit être fabuleusement féérique, me direz-vous! Pourtant Marc n’a pas échappé aux conséquences sournoises provoquées par cette vie tumultueuse et il s’est retrouvé, sans s’y attendre et sans le prévoir, à faire face lui aussi à l’apparition de symptômes de plus en plus croissants des troubles post-traumatiques.

“Ce ne sont pas tant les horreurs que j’ai côtoyé durant ma mission qui m’ont nécessairement affecté, car à l’âge de 56 ans j’avais déjà une très bonne carapace émotionnelle forgée par des décennies de travail dans des urgences. Non, c’est plutôt l’usure et l’exténuation provoquée par le fait d’avoir été seul dans mon rôle de commandement et de ne pas avoir été en mesure de prendre de répit pour me permettre de recharger les batteries; c’est ce qui m’a usé, c’est ce qui m’a progressivement grugé sans m’en rendre compte”exprime notre médecin de guerre.

Après un début de retraite très difficile en raison d’un sevrage d’adrénaline et privé d’un milieu qu’il affectionnait au plus haut point, Marc a dû entreprendre des démarches avec ACC pour pouvoir se reprendre en main et apprendre à redécouvrir les plaisirs de la vie.

Il tient aussi à mentionner que le soutien et l’appui de sa conjointe Christine qui est, soit dit en passant, sa co-auteure, furent cruciaux dans sa remise sur pied.

Voilà maintenant 7 ans que notre vétéran a délaissé cette vie que nous pourrions qualifier d’agitée, houleuse et cacophonique pour enfin profiter du moment présent dans la quiétude tant souhaitée.

Ah oui! En primeur, sachez que Marc vient tout récemment d’être approché par nul autre qu’un studio de production d’Hollywood pour…. 😉

 

Rédaction: Michel Albert, Sgt(ret), administrateur du site de référencement pour vétéran. www.avrfac.com 

 

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